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L’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE OU LES DÉRIVES DE LA SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION

source (Centre Européen des Consommateurs)

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«Pour sauver l’économie, il faut acheter, acheter n’importe quoi»

Votre téléviseur tombe en panne après 5 années d’utilisation, votre machine à laver également sans parler de votre lecteur MP3 ou encore de votre imprimante :

est-ce une fatalité ou plutôt une technique des fabricants appelée « obsolescence programmée » ?
Les biens d’aujourd’hui semblent durer moins longtemps qu’avant, tout semble plus fragile et sensible, à l’instar des appareils électroménagers courants qui ont  une durée de vie actuelle de 6 à 8 années alors qu’il y a encore quelques années, la durée de vie de ces mêmes appareils était de 10 à 12 années.

De nombreux consommateurs ont sûrement déjà fait l’expérience de l’obsolescence programmée, sans peut-être en connaître le terme et encore moins les causes et conséquences.

 

 

SOMMAIRE

I. L’obsolescence programmée, qu’est ce que c’est ?

II. Le critère déterminant : la programmation de la durée de la vie du produit

III. Les différentes catégories d’obsolescence programmée

IV. Les exemples d’obsolescence programmée connus

V. Les conséquences de l’obsolescence programmée sur l’environnement

VI. Et le consommateur dans tout ça ?

VII. Une réponse législative en France et ailleurs

VIII. Recommandations

 

I. L’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE, QU’EST CE QUE C’EST ?

A travers l’obsolescence programmée, il s’agit pour les fabricants de réduire délibérément la durée de vie des biens et des produits après une certaine durée d’existence afin d’inciter les consommateurs à racheter ce même produit.Dans sa récente proposition de loi (voir ci-après), le sénateur Jean-Vincent Placé rappelle la définition de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) : « la notion d’obsolescence programmée dénonce un stratagème par lequel un bien verrait sa durée normative sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle économique». Ces techniques peuvent notamment inclure l’introduction volontaire d’une défectuosité, d’une fragilité, d’un arrêt programmé, d’une limitation technique, d’une impossibilité de réparer ou d’une non-compatibilité logicielle ».

 

II. LE CRITÈRE DÉTERMINANT : LA PROGRAMMATION DE LA DURÉE DE VIE DU PRODUIT

La finalité de l’obsolescence programmée est de prévoir à l’avance la durée de vie du bien : Il s’agit de programmer, de planifier délibérément et volontairement la durée de vie du produit et donc sa mort. Bien qu’il soit à l’heure actuelle impossible pour les ingénieurs de fixer dès la conception du produit la date précise à laquelle un appareil tombera en panne, sans pouvoir être réparé, l’obsolescence est définie par la possibilité de fixer la durée de vie d’un produit.

   

II. LE CRITÈRE DÉTERMINANT : LA PROGRAMMATION DE LA DURÉE DE VIE DU PRODUIT

La finalité de l’obsolescence programmée est de prévoir à l’avance la durée de vie du bien : Il s’agit de programmer, de planifier délibérément et volontairement la durée de vie du produit et donc sa mort. Bien qu’il soit à l’heure actuelle impossible pour les ingénieurs de fixer dès la conception du produit la date précise à laquelle un appareil tombera en panne, sans pouvoir être réparé, l’obsolescence est définie par la possibilité de fixer la durée de vie d’un produit.

III. LES DIFFÉRENTES CATÉGORIES D’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE

A. L’OBSOLESCENCE TECHNIQUE OU TECHNOLOGIQUE

Ce type d’obsolescence est la plus répandue en raison du nombre de sous catégories : l’obsolescence par défaut fonctionnel (1), l’obsolescence par incompatibilité (2), l’obsolescence indirecte (3) et enfin l’obsolescence par notification (4) constituent toutes une obsolescence technique ou technologique.

1. L’obsolescence par défaut fonctionnel

L’obsolescence par défaut fonctionnel est celle qui caractérise le plus l’obsolescence programmée : il s’agit d’une technique qui vise à avancer la fin de vie d’un appareil.
Les producteurs font en sorte que si une seule et unique pièce de l’appareil tombe en panne c’est l’appareil entier qui cesse de fonctionner.
Ce type d’obsolescence concerne essentiellement les produits électriques ou électroniques tel que les téléviseurs, les téléphones portables, les machines à laver ou encore les ordinateurs.

2. L’obsolescence par incompatibilité

Cette technique est utilisée principalement dans le secteur de l’informatique.
Elle vise à rendre inutile un produit par le fait qu’il n’est plus compatible avec les versions ultérieures ou celles d’un concurrent. C’est notamment le cas des logiciels.

3. L’obsolescence indirecte

Cette obsolescence est la plus extrême car son application rend les produits obsolètes alors qu’ils sont encore fonctionnels.
L’obsolescence indirecte se caractérise par le fait que les produits associés, les « accessoires » au bien principal sont moins disponibles voire totalement indisponibles entraînant par conséquent l’impossibilité d’utiliser le bien principal. C’est un problème souvent rencontré dans le domaine des téléphones portables et de leurs chargeurs de batterie par exemple.
En effet, l’arrêt de la production de pièces détachées est un levier puissant à la disposition des industriels dans tous les secteurs. Le choix d’abandonner la production ou la commercialisation des produits annexes ou des accessoires (cartouches, pièces détachées, batteries, etc.) complique la tâche de maintenance et de réparation, jusqu’à les rendre pratiquement impossible.

4. L’obsolescence par notification

Bien que cette catégorie d’obsolescence programmée soit proche de l’obsolescence indirecte, il ne faut pas les confondre. Il s’agit d’une forme plutôt évoluée d’auto-péremption (à ne pas confondre non plus avec l’obsolescence par péremption). L’obsolescence par notification consiste : « à concevoir un produit de sorte qu’il puisse signaler à l’utilisateur qu’il est nécessaire de réparer ou de remplacer, en tout ou en partie, l’appareil » . Les imprimantes sont particulièrement touchées par ce type d’obsolescence.
En effet, c’est l’imprimante qui rend obsolète les cartouches d’encre.

B. L’OBSOLESCENCE PAR PÉREMPTION

L’obsolescence par péremption, comme son nom l’indique, est constituée par des dates de péremption sur les produits.
Si des produits alimentaires sont volontairement soumis à l’obsolescence par péremption, c’est avant tout pour des raisons de santé et sécurité publique. Cependant, il est possible de raccourcir artificiellement la durée de vie de ces produits en indiquant des dates plus courtes alors qu’ils sont encore tout à fait consommables.
Il existe deux types de dates de péremption : la date limite de consommation (DLC) et la date limite d’utilisation optimale (DLUO). Contrairement à la date limite de consommation, la date limite d’utilisation optimale n’est qu’une date indicative et non une date impérative de consommation.
Les produits sur lesquels est apposée la date limite de consommation sont ceux pour lesquels l’interruption de la chaîne du froid est vivement déconseillée ou toutes autres denrées rapidement périssables ou dangereuses.
Les produits sur lesquels est apposée une date limite d’utilisation optimale sont ceux qu’on appelle communément les aliments secs tels que les pâtes, le riz, les céréales etc. Ces produits ont la particularité de pouvoir être consommés bien après la DLUO sans danger pour la santé s’ils ont été conservés dans des bonnes conditions.

C. L’OBSOLESCENCE ESTHÉTIQUE

L’obsolescence esthétique se distingue des autres formes d’obsolescence programmée : puisqu’elle n’est pas due à une pratique technique ou technologique pour raccourcir la durée de vie des produits ni même due à une date de péremption, elle est due à la psychologie des consommateurs.
Il s’agit d’une obsolescence subjective, les consommateurs trouvent quelque chose vieux ou démodé et ils décident de se remettre à la mode.
La particularité de cette forme d’obsolescence programmée est qu’elle intervient avant la mort du produit, avant sa panne. Le produit est jeté alors qu’il est encore fonctionnel.

D. L’APPARITION DE L’OBSOLESCENCE ÉCOLOGIQUE

Les dérives de la société de consommation amènent de plus en plus de consommateurs à s’intéresser à la « consommation éthique ». En tant que consommateurs responsables ils se posent ainsi des questions sur l’impact environnemental, l’écologie, le développement durable… .
Et ce nouveau comportement a été très vite pris en considération : depuis peu est apparue une nouvelle forme d’obsolescence programmée : l’obsolescence écologique. Le renouvellement des 25 millions d’appareils électroménagers de plus de dix ans par des appareils récents performants permettrait d’économiser 5,7 milliards de Kilowatts, soit la consommation annuelle des Parisiens.
L’idée est louable et soutenue par de nombreux acteurs et organisations au plan national et européen : faire faire des économies aux consommateurs et polluer moins.

Les consommateurs se rappelleront par exemple des discussions autour de « la prime à la casse », bonus pour l’aide à l’acquisition des véhicules « propres ».

 

   

L’état français avait en effet décidé de soutenir le « concept de véhicule propre21 » . Le Grenelle de l’environnement a fixé en 2008 les modalités d’application de l’« éco-pastille » qui avait pour objectif d’inciter les automobilistes par des avantages fiscaux à acheter des véhicules neufs moins polluants, en donnant un avantage pécuniaire aux voitures dites « propres » et en taxant les véhicules qui émettent le plus de CO2 au kilomètre (bonus-malus écologique).

La « prime à la casse » a finalement été abandonnée fin 2012. Jusque-là un bonus de 200 € déductible du prix d’achat d’un véhicule neuf devait inciter la mise à la casse de véhicules de plus de 15 ans, à condition que la voiture neuve émette moins de 106 gr de CO2/km.

Mais depuis mars 2013 le Ministère du redressement productif a annoncé être favorable à une «prime à la conversion» pour inciter les consommateurs à se séparer de leurs vieilles voitures diesel pour acquérir une neuve ou d’occasion récente.

Un autre exemple : le vaste plan de changement des ampoules. Voici le descriptif de la Direction Générale Energie de la Commission européenne : « Mieux éclairer en consommant moins d’énergie : L’éclairage domestique devient plus écologique en Europe, car l’Union européenne impose des normes plus sévères en matière d’efficacité énergique. En Europe, depuis le 1er septembre 2009, les ampoules à incandescence et autres ampoules énergivores sont progressivement remplacées par des ampoules à plus grande efficacité énergétique. En passant à des produits d’éclairage plus efficaces sur le plan énergétique, les ménages européens pourront économiser de l’énergie et contribuer à la réalisation des objectifs de l’UE en matière de lutte contre le changement climatique. » Mais certains consommateurs se sont interrogés sur les réels bénéfices annoncés au point de se demander s’il ne fallait pas stocker des ampoules à incandescence.

De nombreux consommateurs ont alors décidé de ne remplacer que les ampoules les plus utilisées et d’attendre une baisse des prix des nouvelles ampoules, quitte à les échanger encore contre des ampoules à incandescence qui seront recyclées en fin de vie.

Car l’argument « écologique » qui permet de justifier l’abandon d’anciens appareils pourtant encore en parfait état de fonctionnement pour l’achat de nouveaux produits qui consomment moins d’énergie, favorise aussi une augmentation considérable des déchets qui ne peuvent toujours être correctement recyclés. Par ailleurs se pose la question du réel bénéfice pour la planète de ces nouveaux produits écologiques pour lesquels il nous manque encore du recul.

Dans ce contexte on parle inévitablement d’ « écoblanchiment » ou « greenwashing » en anglais. Le greenwashing est l’action de rendre « vert » c’est-à-dire écologique et bon pour l’environnement un bien qui, pourtant, ne l’est pas ou une entreprise qui, pourtant, pollue, à des fins marketing et dans le but de réaliser des ventes. Dans le cadre des travaux autour de la directive 2005/29/CE (« directive sur les pratiques commerciales déloyales ») un document de travail des services de la Commission de 2009 sur les orientations pour la mise en oeuvre et l’application de cette directive fait expressément références aux allégations environnementales trompeuses : « Les consommateurs peuvent tenir compte de considérations environnementales lorsqu’ils achètent des produits. Ces aspects interviennent de plus en plus souvent dans la planification des campagnes publicitaires et de marketing, et les allégations environnementales sont devenues un puissant outil de marketing. Or, pour véritablement informer les consommateurs et assurer une promotion efficace des biens et services ayant un faible impact sur l’environnement, les allégations environnementales doivent impérativement être claires, exactes, précises et non trompeuses. Il faut en outre éviter qu’elles mettent l’accent sur un aspect environnemental tout en dissimulant d’éventuels autres inconvénients ou incidences négatives sur l’environnement. Faire des allégations environnementales non mensongères est également important pour protéger les professionnels dont les allégations sont exactes contre la concurrence déloyale pratiquée par ceux dont les allégations en environnementales sont infondées ».

Il n’existe pas de législation spécifique de l’UE harmonisant les dispositions en matière de marketing environnemental. Les allégations environnementales sont en partie couvertes par une législation spécifique de l’UE qui régit les performances écologiques d’une catégorie de produits et interdit l’utilisation trompeuse de l’allégation, du logo ou du label utilisé en référence à cette législation spécifique.

En dehors de ces aspects soumis à une législation spécifique de l’UE, il convient de se référer aux dispositions générales de la directive 2005/29/CE pour évaluer les allégations environnementales et établir si une allégation est trompeuse dans son contenu ou dans la manière dont elle est présentée aux consommateurs.

En France, l’ADEME effectue régulièrement des études dans divers secteurs de la consommation afin de recenser les cas d’écoblanchiment. Par ailleurs, elle édite un guide « anti-greenwashing » pour sensibiliser l’opinion publique et politique ainsi que les publicitaires.

Dernièrement, un article du Monde a jeté un pavé dans la mare du bonus-malus écologique automobile en annonçant que les tests effectués sur les véhicules neufs avant leur mise en circulation n’étaient pas suffisamment réalistes pour que les résultats soient considérés comme parfaitement probants. Le journaliste affirme que ces tests font croire aux consommateurs que les voitures sont moins polluantes et moins dépensières en essence que ce qu’elles ne le sont réellement. Dans des conditions de conduite normales (autres que les conditions des laboratoires sous lesquelles ces tests sont effectués), les véhicules neufs consommeraient plus d’essence et rejetteraient plus de Co2.

La problématique de la fabrication des véhicules plus écologiques a également refait surface car considérée comme plus polluante que la fabrication d’une voiture « traditionnelle ».

Lors du Sommet européen de la consommation de 2012, la Commission européenne avait organisé un groupe de travail autour du « greenwashing » et des allégations environnementales.

Ce même thème figure à l’«Agenda du consommateur européen», présenté en mai 2012. Un « dialogue multipartite » a alors été instauré, qui vient de publier son rapport28 lors du Sommet européen de la consommation de 2013. L’objectif : aider les consommateurs à faire des choix écologiques en connaissance de cause.

IV. LES EXEMPLES D’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE CONNUS

A. LES LECTEURS MP3, L’EXEMPLE FRAPPANT DES IPOD

Une des affaires les plus retentissantes reste l’affaire de l’Ipod de première, deuxième et troisième génération vendu par la marque Apple. Pour obtenir un design futuriste, Apple n’installait pas de batteries amovibles. Il n’est ainsi pas possible, pour la plupart des objets informatiques et électroniques, de changer la batterie quand elle est en panne tout en gardant l’appareil.

Par conséquent, quand la batterie d’un produit de la marque Apple tombe en panne, il faut changer l’appareil entier c’est-à-dire en acheter un autre.

Les batteries ne fonctionnaient que 18 mois puis tombaient en panne. La seule solution proposée par Apple était alors d’acheter un nouvel Ipod, Apple n’ayant pas prévu de batterie de remplacement. Une class action contre Apple fut lancée aux Etats-Unis mais elle n’aboutit pas, Apple ayant décidé de dédommager les clients et de proposer des batteries de remplacement via son service après-vente.

Désormais, les utilisateurs d’Ipod peuvent acheter dans les magasins Apple des batteries neuves lorsque leur batterie actuelle tombe en panne.

   

 

B. LES VOITURES

Alfred P. Sloan, directeur de General Motors de 1923 à 194630, a très vite compris que pour battre le n°1 mondial de l’époque, Ford, il fallait se différencier totalement de son concurrent.

C’est la raison pour laquelle il eut l’idée de mettre en place une structure de prix dans laquelle les différentes modèles de voitures de General Motors n’entraient jamais en concurrence entre elles, permettant ainsi de rendre le consommateur captif de la marque GM. Le but était de le faire changer de gamme de voiture tous les trois ans (GM lançait environ trois nouveaux modèles par an). En voulant concurrencer Ford, Sloan a créé la notion de segmentation (qui est par ailleurs toujours utilisée dans l’industrie automobile) afin de proposer des catégories de voitures différentes aux divers segments de la clientèle adaptés à leurs moyens et à leurs goûts31. Tel est le but de l’obsolescence esthétique.

Autre exemple dans le secteur de l’automobile : un moteur de voiture rendu inutilisable du simple fait qu’il est impossible de trouver des pièces de rechange pour ce modèle.

C. LES MACHINES À LAVER

Ces appareils électroménagers seraient programmés pour tomber en panne avant d’atteindre les 10 années d’utilisation. Il s’agirait d’une panne fatale, obligeant le consommateur à en racheter un nouveau. En effet, les machines à laver seraient programmées pour durer 2000 à 2500 cycles de lavage.

Il faut savoir que 8 machines à laver sur 10 sont dotées de cuves en plastique qui remplacent celles en inox. Il suffit d’une seule pièce de monnaie pour qu’elles se cassent (à cause de la vitesse de rotation au moment de l’essorage) ou même d’une trop haute température de l’eau pour que la cuve se déforme.

     

D. LES TÉLÉVISEURS

Il y a quelques années, la durée de vie des téléviseurs contenant des tubes cathodiques était entre 10 et 15 ans en moyenne. Désormais, nos téléviseurs deviennent généralement obsolètes au bout de 9 à 10 années d’utilisation. Les téléviseurs sont prédestinés à fonctionner 20000 heures ce qui fait une moyenne de 9 années d’utilisation donc de vie car dès qu’un composant tombe en panne c’est le téléviseur entier qui cesse de fonctionner afin de maintenir un taux de renouvellement assez régulier.

Mais le plus inquiétant sur ces téléviseurs LCD ou plasma, c’est une pièce appelée condensateur qui a pour rôle d’allumer le téléviseur. Le problème de ces condensateurs chez certaines grandes marques de téléviseurs réside dans le fait qu’ils gonflent et se cassent. Le téléviseur ne s’allume donc plus. La durée de vie de ces condensateurs et donc du téléviseur dépend de l’exposition de ce composant à la chaleur. Or, quand un téléviseur est allumé, il chauffe. L’exposition à la chaleur et la durée de vie du condensateur dépend également de son emplacement sur la carte d’alimentation : s’il est placé à côté des dissipateurs de chaleur, il chauffera plus vite.

E. LES TÉLÉPHONES PORTABLES ET LES SMARTPHONES

Le téléphone portable semble être prédestiné à connaître plusieurs types d’obsolescence programmée. Par exemple, il suffit que la batterie voire même le chargeur tombe en panne pour que le téléphone devienne pratiquement inutilisable par le consommateur. En effet, ce n’est pas parce qu’il est aisé, sur la plupart des téléphones portables, d’enlever la batterie qu’il est tout aussi aisé de trouver une batterie de remplacement.

De même pour le chargeur, les chargeurs universels n’étant pas systématiquement vendu avec les téléphones, il n’est pas toujours évident de trouver, même chez les revendeurs agrées, les chargeurs de remplacement, surtout si le téléphone portable est déjà relativement âgé.

En outre, les téléphones portables ainsi que les smartphones sont également touchés par l’obsolescence par défaut fonctionnel : un seul composant tombe en panne et c’est l’appareil entier qui cesse de fonctionner.

Mais l’obsolescence par défaut fonctionnel n’est pas la seule obsolescence dont sont victimes les téléphones portables et les smartphones. Ils sont également touchés par l’obsolescence par incompatibilité. Il est, de nos jours, possible de télécharger des applications sur les smartphones mais ces applications demandent toujours plus de mémoire vive pour fonctionner. Il faut donc des appareils toujours plus récents afin de pouvoir télécharger ce genre d’applications pour smartphones.

Actuellement, pour fabriquer un même bien, grâce aux technologiques, moins de matières (le premier téléphone portable mis sur le marché en 1983 pesait 1,5kg ; aujourd’hui les téléphones portables pèsent environ 100 grammes) et moins d’énergie que par le passé sont utilisées. Mais une meilleure efficacité de gestion de la matière et de l’énergie tout au long de la chaîne entraîne une diminution des coûts d’exploitation et par conséquence une baisse du prix des appareils. Cela permet donc à une plus grande part de la population d’accéder à ces produits. Par conséquent et par effet ricochet, cela entraîne une hausse de la consommation des ressources naturelles. C’est ce qui est appelé l’effet rebond.

Les smartphones sont également un bon exemple d’obsolescence esthétique, certains consommateurs n’hésitant pas à dépenser des sommes considérables pour acquérir le « téléphone dernier cri » alors que leur téléphone fonctionne encore. La périodicité pour le renouvellement des portables serait d’ailleurs en moyenne de 20 mois.